Comme vous l’avez peut-être remarqué, je pige pour Terre d’avenir depuis le mois de septembre. Tout a commencé par une rencontre à Aubervilliers avec Antoine Menusier, le rédac chef du Bondy Blog, qui « recrutait » pour TA. C’est la première fois que je passais un entretien façon « embauche » dans lequel il n’y avait qu’un pur échange humain. Je m’explique : Antoine s’est présenté, puis m’a présenté le webzine et son créateur et financeur, Plaine Commune. Ensuite il m’a écoutée attentivement sur mon parcours, mes attentes, etc. Sans aucun jugement et question à 1 euro (du genre : « Mais alors quelles sont vos passions dans la vie ? » ou « Quelles sont vos réelles motivations et citez-moi trois défauts et trois qualités »). J’ai même pensé, « c’est un employeur anglo-saxon, cet homme », tant cela changeait des entretiens version XXe siècle français.
C’est beau, un bijou « made in 93 »
Du 16 au 19 décembre, avait lieu la 3e édition de la « Foire des savoir-faire solidaires », devant la Basilique de Saint-Denis, à côté du marché de Noël de la ville. Un lieu hybride où trente-trois exposants du territoire de Plaine Commune montrent leurs savoir-faire locaux. En organisant ce très beau marché de Noël [...]
Pour Noël, te casse pas la tête, va à la médiathèque
Samedi 18 décembre, la médiathèque Colette d’Epinay-sur-Seine ouvrait ses portes au public. Comme un cadeau de Noël pour beaucoup de monde. Car petits et grands sont très nombreux en ce samedi neigeux. Les usagers sont très diversifiés en âges, en couleurs et en centres d’intérêts. Les BD sont prises d’assaut mais les romans, de la rentrée ou non, aussi. C’est plus calme dans l’espace poésie. Et cette médiathèque, par rapport à l’ancienne deviendra « un vrai lieu de vie », comme nous le dit Lucie de Plaine Commune. « Il y a des coins plus calmes et beaucoup d’ordinateurs. » Une salle de silence est mise en place comme chez les « grands » à Beaubourg.
L’apéro Noël
« Chez nous, la veille de Noël, tout le monde est invité. C’est une tradition familiale : on invite les voisins et des gens qu’on connaît plus ou moins bien pour partager un moment de convivialité. » Chaque année, Philippe et son épouse Marie, organisent un grand apéritif de Noël le 24 décembre. Habitant un pavillon avec un salon spacieux, ils convient les voisins et des gens qu’ils ont rencontrés, même depuis peu : « Je viens d’inviter un étudiant étranger qui est originaire de Russie. Je l’ai croisé dans le métro et j’ai engagé la conversation quand j’ai vu son dictionnaire français-russe. » Ayant lui-même quelques notions de russe, Philippe n’a pas raté l’occasion de nouer le dialogue : « La vie est trop courte pour ne pas profiter du contact des autres. Cet apéro nous donne l’occasion de mieux connaître les gens que l’on croise. »
Noël, t’y crois, t’y crois pas, tu fêtes quand même
« Chaque année, j’attends ce moment avec impatience. Noël, c’est d’abord la naissance du Christ. On se recueille tous et on sent une véritable chaleur lors de la messe de minuit. » Emue en l’évoquant, Clara, de Pierrefitte-sur-Seine, nous explique ce que Noël représente pour elle. « La foi est fondamentale pour moi et c’est un jour où on peut l’exprimer pleinement. Mais ce n’est pas la seule chose que j’aime ce jour-là. J’apprécie beaucoup le sentiment d’appartenir à l’humanité toute entière, le fait de penser aux autres. »
Féerie tsigane sur la piste
Ce samedi soir-là, avec des copains, je me rends au chapiteau Raj’ganawak. C’est le chapiteau installé au passage Dupont depuis septembre, sur une des parcelles qui accueillent les Roms dans le quartier Cristino Garcia. Nous pressons le pas, sous la pluie, au son des notes de musique qui s’échappe du fond de la ruelle. Alors que nous entrons, un petit bonhomme haut comme trois pommes nous accueille. Le chapiteau est plein et nous nous frayons un chemin avant de trouver enfin un petit mètre carré où poser nos fesses, sur la belle moquette rouge au milieu des enfants. Mais chut ! Le spectacle commence…
Agenda 21 cherche colocataires
« Môsieur » Agenda 21, qui a tout juste 18 ans, est né très loin du département de Seine-Saint-Denis. Il a vu le jour au Sommet de la Terre à Rio. Ses parents ne sont pas moins que 173 chefs d’Etat. Ils ont placé beaucoup d’ambition en lui : Agenda 21 doit agir en faveur de l’action économique, du développement social et de la gestion économe des ressources naturelles. Mais qu’en est-il à La Courneuve ?
L’écologie, un truc de riches ?
« On nous bassine avec l’écologie, les produits bios, le fait de trier les déchets… Je n’ai pas le luxe d’acheter des produits qui permettent de protéger la planète. » Mourad n’aime pas beaucoup le discours écologique ambiant. Il considère qu’il reflète les préoccupations des personnes aisées et ne fait que culpabiliser les moins favorisés : « Personnellement, je trouve que c’est un truc de riches. Sauver la planète, d’accord, mais moi je veux d’abord me sauver moi-même ! »
Crime contre les grands arbres
C’est un « coup de gueule » que je veux pousser. C’est dans mon caractère, mais il y a parfois de très bonnes raisons. Et en voila une. J’habite Epinay-sur-Seine et me rends chaque jour à La Courneuve, en passant par la gare de Saint-Denis avant d’emprunter le tram. Il y a dix jours, j’ai bondi, fulminé, fumé des narines. Pourquoi ? Le matin, comme d’hab’, je sors de la gare de Saint-Denis et que ne vois-je pas ? Des bulldozers, des élévateurs, des scies électriques et des hommes en action. En train, tout simplement, de couper les arbres devant la gare.
« Le simple fait de voir des jeunes à capuche me fait peur »
« Quand je sors de chez moi, j’ai souvent peur. Il y a des groupes de jeunes, on se demande ce qu’ils font de leur journée. Ils nous regardent de travers, parfois lancent des mots, nous interpellent. » Caroline, étudiante en droit, habite Pierrefitte-sur-Seine depuis sa naissance. Elle n’aime pas beaucoup sortir dans la ville : « Je ne me sens pas bien ici. Si jamais je m’habille de manière un peu trop féminine, je suis certaine qu’on va m’invectiver plusieurs fois, souvent très vulgairement. » Elle vit très mal la situation et rêve de pouvoir habiter autre part, malgré ses nombreuses années passées dans cette localité.
Les assouplissements apportés à la carte scolaire n’ont guère changé la donne : les élèves sont inscrits dans l’établissement le plus proche de leur domicile. Alors, « excellence » ou « égalité » ?